Production de l’hydrogène vert : L’Algérie a tous les atouts (el-moudjahed)

Dr Nadjib Drouiche, chercheur au CRTSE, a expliqué que «l’hydrogène vert est une nouvelle tendance énergétique qui contribuera à atteindre les objectifs tracés par la COP26, à savoir une température de moins de 2° d’ici à l’horizon 2100».
Capable de pallier l’intermittence des énergies renouvelables, l’hydrogène vert «est un potentiel économique inestimable, notamment pour le secteur industriel, et plus tard pour le secteur résidentiel» a-t-il précisé. «Cette journée d’étude se veut un espace de réflexion regroupant les scientifiques, les professeurs des énergies renouvelables, les différentes institutions, afin «d’échanger autour des solutions d’avenir, de nouvelles technologies et des expériences», dit-il. Dr Drouiche fait savoir que l’objectif est «d’établir une feuille de route de recherche et de développement dans ce domaine» qui servira «de plateforme stratégique pour les décideurs, institutions et collectifs». Indiquant qu’il existe déjà «quatre sites de production de l’hydrogène gris destiné à la production de l’ammoniac, dans les complexes d’acier comme celui d’El-Hadjar (Annaba) et les usines de verre, à l’image de celle de Larbaâ (Blida)», le chercheur note que «la production industrielle d’hydrogène, qualifié «de gris», est responsable de l’augmentation des taux des gaz à effet de serre». Et d’ajouter que «le projet est de réfléchir sur des technologies neutres afin de décarboner ces activités polluantes». «L’Algérie est bien lotie et a tous les atouts pour réussir ce bond en avant en matière de transition énergétique», se félicite le chercheur. Il souligne que «l’infrastructure industrielle existe», ce qui permettra de réussir un autre défi, «celui de l’exportation de l’hydrogène vert, vers l’Europe, via les pipelines de gaz». Cartésien, le directeur du Centre de recherche en Technologie des Semi-Conducteurs pour l’Energetique (CRTSE), a invité les participants à proposer «des solutions pratiques et des résultats exploitables». Axé sur plusieurs thématiques, le programme de cette journée d’étude était très intéressant pour les professionnels. Ainsi Dr Agroui Kamel, directeur de recherche au CRTSE, est revenu sur «l’apport des énergies renouvelables dans la transition énergétique» selon les normes «ISO-50001, version 2018». Il a insisté sur l’impératif de «revoir le modèle de consommation de l’énergie» au moment où la production de l’électricité à base de gaz naturel tutoie les 99% en fossiles.
Regrettant ce qu’il qualifie de «faiblesse de passerelles entre le monde de l’académie et celui de l’économie», Dr Agroui a appelé au «renforcement du partenariat entre la recherche et développement et le secteur socio-économique». A ce titre, il considère que l’instauration d’un nouveau projet de formation universitaire sur la transition énergétique par le ministère de l’Enseignement supérieur est «une bonne initiative qui augure de la prise de conscience» de l’urgence des changements à venir.
En présentant la feuille de route du ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables (MTEER), Nihal Mansouri, chargée d’études au niveau du MTEER, a fait savoir que le plan national de production d’hydrogène vert a été approuvé en mai dernier et sera poursuivi jusqu’à 2050. Il comprend le lancement d’études de marché, le développement et la réglementation.
La réussite de ce projet impose, selon Mme Mansouri, «de réfléchir à industrialiser et à massifier les projets, avec une baisse des coûts à la clé». Encore obtenu à hauteur de 90 % à partir d’énergies fossiles énergivores et polluantes, par vaporeformage à partir du gaz naturel, «l’heure est désormais à une production décarbonée, à travers l’électrolyse de l’eau avec de l’électricité d’origine renouvelable». C’est l’objet de la communication du Pr Amara Mourad, du département de chimie à l’USTHB. Il a évoqué «l’importance de la mobilisation de développement des nouvelles technologies d’électrolyse de l’eau. «Ce qui est visé aujourd’hui, c’est la production verte d’hydrogène», soutient le Pr Amara, soulignant qu’il s’agit d’une «solution pour une transition énergétique réussie et atteindre rapidement la neutralité carbone». Outre les communications présentées, le débat avec les acteurs économiques présents était fructueux.
Tahar Kaidi

source : Production de l’hydrogène vert : L’Algérie a tous les atouts – Société : EL Moudjahid

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